galerie anne barrault
  
  

  

Paul H-Boutros

Five recommendation letters
Ink on paper// Dimension: 210x297 mm//
29,7 x 21 cm

Wait - the recommendation letter for that fellowship - long overdue, it wouldn’t be fair to... And then there’s the committee on... Or no. Maybe I should just sod all that, and get myself out there! Tricky decision. Tricky, tricky... Oh shit, shit, system’s gone down again! Just got to... nnnnf...
Alain Badiou from “Ruminations After The Event”

Five recommendation letters from different institutions are given to attest the capabilities of the protagonist.

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CHARBEL-JOSEPH H.BOUTROS
Né au Mont Liban, il vit et travaille entre Paris et Beyrouth
Charbel-joseph H. Boutros mêle art conceptuel et romantisme.
La disparition dans son travail est une forme de suggestion dont la portée peut être intime ou historique. Son oeuvre cherche à court-circuiter les évidences du réel sur un mode poétique.
H. Boutros est actuellement résident au Pavillon Neuflize OBC, du Palais de Tokyo. Il a étudié à la Jan Van Eyck Académie aux Pays-Bas.
Son travail a été exposé dans diverses biennales et institutions dont:
Palais de Tokyo / 12eme Biennale Internationale d’Istanbul / 3eme Biennale de Bahia, Brésil / Biennale de Vancouver (a venir) / MAM-BA, Brésil / Museum Morsbroich, Allemagne / Marres Art Center, Pays Bas / LISTE 19, Bale / Beirut Art Center, Beyrouth / Fons Welters Galerie, Amsterdam / Jaqueline Martins Galerie, Sao Paulo / Grey Noise, Dubai / il a également participe à Nouvelles Vagues du Palais de Tokyo avec la galerie Anne Barrault.

PAUL HAGE BOUTROS
Paul Hage Boutros est né au Liban en 1982. Il a suivi des études d’ingénieur à l’université américaine de Beyrouth. Il s’est formé lui-même à la vidéo et au mixed média.
En 2010, il s’installe à Göteborg en Suède où il termine un master à l'Ecole des Beaux-Arts de Valand.
En 2013, Hage Boutros est lauréat du programme de bourses UNESCO-Aschberg et part en résidence au Musée d’Art moderne et contemporain de Séoul, en Corée.
Ses oeuvres ont été exposées au Centre d’Art de Beyrouth, aux Rencontres Internationales, au festival International du Film de Rotterdam, au DEPO d’Istanbul, à Mediterranea 16 Biennial, au musée National d’Art Moderne et Contemporain de Corée, au ZKM Centre d’art et Media de Karlsruhe, à Galleri Mars Mössa, entre autres…

STÉPHANIE SAADÉ
Stéphanie Saadé est née en 1983 au Liban. Elle est actuellement artiste en résidence à la Jan van Eyck Academie, Maastricht. Etudiante à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris de 2005 à 2010, elle obtient le DNSAP, et reçoit ensuite une bourse pour effectuer un post-diplôme de deux ans à la China Academy of Arts de Hangzhou.
Son travail a été exposé au MuHKA, Anvers (2014) / Le 59e Salon de Montrouge, France (2014) / LA CONSERVERA, Murcie, Espagne (2014) / Akinci gallery, Amsterdam (2013-2014) / The Beirut Art Center, Beirut (2011) / The Beirut Exhibition Center, Beirut (2013) / Grey Noise gallery Dubai (2013) /A.M. Qattan Foundation, Palestine (2012)/ Q.I. Qalandyia International Biennial,

 

 

« Mais qu’en est-il de nous quand, désintoxiqués, nous apprenons ce que nous sommes ? »

Georges Bataille

 

L’Expérience intérieure

Une nouvelle génération d’artistes émerge sur la scène libanaise contemporaine, des artistes capables de réconcilier l’intime et le politique avec force et — osons le mot— poésie. Il y a quelques jours, à la radio, j’entendais Marguerite Duras parler de la charge révolutionnaire de la poésie. Nous oublions souvent que ce sont là les deux branches d’un même arbre. Et ces artistes libanais s’y accrochent. Bien sûr, l’histoire politique du Liban est à prendre en compte. Bien sûr il y a Walid Raad, la force des archives pour dire le Temps contre la disparition. Bien sûr, le Liban n’a vécu que la guerre depuis maintenant 30 ans. Mais Charbel-joseph H. Boutros, Paul Hage Boutros et Stéphanie Saadé ne tournent pas le dos à cette histoire-là : au contraire, ils la prennent en charge dans leur intimité, dans leurs corps, dans leurs confessions, dans leur sommeil, et leurs expériences intérieures. Et si je parle d’expérience intérieure, c’est en pensant à Georges Bataille, qui écrit ce livre si dense, en France pendant la Seconde Guerre Mondiale, à un moment où il ne voit qu’obscurité et abîme du sens.

Ces démarches possèdent une force radicale. La réduction minimale héritière de la tradition conceptuelle est ici toujours engagée dans une quête sensible, attachée aux potentiels de fiction et ne négligeant jamais la « 1ère personne ». Ces œuvres ne sont pas le résultat de protocoles froids. Elles sont en elles-mêmes comme chargées d’électricité, et en deviennent des concepts remplis à craquer, remplis de soleil, de nuit, d’énigme, de mélancolie, de nostalgie ; mais aussi d’artifices, de gestes si précis qu’ils ne sont jamais symboles étouffants.

Ces artistes me rappellent que la délicatesse est une conquête. L’élégance aussi. Ces mots ne sont pas vides. Ils sont avant tout le résultat d’un engagement de l’être qui rayonne autour de lui, résolument ouvert sur l’ouvert, ouvert sur l’action, sur ce qui doit être dit ici et maintenant, et prendre forme ici et maintenant.

Deux roses cohabitent dans le même vase, l’une artificielle, l’autre naturelle.

Une chaîne aux maillons incompatibles reste néanmoins une chaîne.

Les Confessions de Rousseau sont désormais parcellaires.

Une clé plantée dans un tas de terre incarne le mal du pays.

Toutes les pensées ont été effacées.

Des téléphones sonnent. Sans réponse.

Le secret. Le sang. L’amour.

L’obscurité lumineuse.

Le soleil de Beyrouth s’arrêtera-t-il un jour de briller ?

Léa Bismuth

Léa Bismuth est critique d’art (membre de l’AICA, elle écrit dans art press depuis 2006) et commissaire d’exposition indépendante (en février 2015, elle sera commissaire de l’exposition des Félicités des Beaux Arts de Caen).

Stéphanie Saadé

Artificial Nostalgia, 2014,
key of the house of the artist in Lebanon, earth from Maastricht,
15x15x7cm.

Sun, Romance and Destruction

Charbel-joseph H. Boutros

1 CM3 OF INFINITE DARKNESS, 2013
Steel polished mirros, wood, white painting, darkness, 1,5x1,5x1,5 cm
The white small cube encloses inside of it a void of 1cm3 of darkness; this darkness is reflected to the infinite by mirrors covering all the surfaces of the cube.
courtesy de l'artiste, Grey Noise Gallery, et Jaqueline Martins Gallery, Sao Paulo

CHARBEL-JOSEPH H. BOUTROS
PAUL HAGE BOUTROS
STEPHANIE SAADÉ

24 janvier - 17 mars 2015

vue de l'exposition, 2015