oeuvres
exposition 25 avril - 15 juin 2013
exposition 13 septembre - 11 octobre 2014
exposition 3 septembre - 15 octobre 2016
exposition 12 janvier - 2 mars 2019
biographie

Pardon my French
12 janvier - 2 mars 2019
Ce projet a été sélectionné par la commission mécénat de
la Fondation Nationale des Arts Graphiques qui lui a apporté son soutien.
   
À l’occasion de cette nouvelle exposition personnelle à la galerie anne barrault, Dominique Figarella présente des tableaux réalisés lors de ces 2 dernières années.
Ces oeuvres constituent pour lui une synthèse de son travail. La trace, la couleur et le texte sont des éléments fondateurs de ce nouvel ensemble.

Dominique Figarella travaille sur de l’alucore, un métal suffisamment résistant pour pouvoir être posé sur le sol de son atelier, et devenir ensuite un espace sur lequel il va vivre.
Lorsqu’il travaille, la musique est toujours présente. Lui même est musicien et joue dans un groupe qui a pour nom
«Splitt».
Sa bande-son n’est pas là pour se lover gentiment dans l’oreille, mais elle vient crier, s’électriser, comme les formes, les couleurs et les textes de ses tableaux.
L’un de ses tableaux a pour titre « I Am Kurious Oranj » en hommage à Mark Smith, le leader de The Fall qui a réalisé un opéra punk. Pour Dominique Figarella, c’est aussi une façon de marquer l’esthétique dans laquelle il se situe : Dada, la culture populaire, et le punk.
Le texte est très présent dans cette nouvelle série. Dominique Figarella, avec une écriture très simple, peint des phrases de mémoire. L’important n’est pas l’exactitude du texte, mais la trace qu’il laisse dans sa mémoire.
Ici, il convoque à la fois Alfonse Allais, ou André Leroi-Gourhan qui écrit en 1957 :
« Dès lors notre victoire sur le monde sera totale, la dernière poche de pétrole vidée, pour cuire la dernière poignée d’herbe, mangée avec le dernier rat ».
Mickey apparaît sur son tableau intitulé «la bêtise artificielle», sera-t-il le dernier rat que nous allons manger, à l’image de la phrase de Leroi-Gourhan qui raille le progrès ? Le dernier rat comme le dernier IPhone, le dernier tableau, la dernière avantgarde.

Chaque tableau est peint avec tout son corps. Son travail va consister, ensuite, à effacer les empreintes laissées par celui-ci. Il viendra recouvrir chaque trace avec une grande précision.
Selon lui : «J’ai un usage particulier de ces traces. Je ne les montre pas, je ne les préserve pas, je les utilise. Et en les utilisant, je les détruis. Si on passe dans les traces de quelqu’un qui a marché dans la neige, on détruit ces traces mais elles nous servent éventuellement à ne pas nous perdre. Même lorsqu’il n’y a pas de traces physiques, ce peut être des traces mnésiques, des images, des textes, d’autres oeuvres.»
«C’est en masquant que je montre. Si je laisse l’empreinte, on ne voit pas. Ce qu’on voit c’est juste l’empreinte. Lorsque je masque en revanche, on voit le schéma d’une action, et non plus l’effet de fétichisation que l’empreinte produit. C’est comme si je venais littéraliser l’empreinte, au fond, comme la science fait avec le génome.»

Les couleurs que Dominique Figarella trouve sont stridentes. Elles constituent un élément essentiel de son travail. Utilisées comme des signes, elles sont criardes comme elles peuvent l’être, tant dans la rue, ou dans la forêt tropicale.
Dominique Figarella a intitulé un de ses tableaux « Cosmos, Cosmétique », en référence à une légende grecque. La journée, les dieux se disputent, et créent le chaos. Mais quand vient le soir, il faut remettre le cosmos en ordre. Et pour ce faire les dames aristocrates se maquillent avant d’aller se coucher, d’où le mot « cosmétique ».
Selon Dominique Figarella : «Le maquillage qui est l’activité la plus mineure ou la plus futile qui soit et pourtant il s’agit de remettre l’univers à l’endroit. Pour moi, c’est une merveilleuse allégorie de la peinture. Cet art idiot qui ne pense pas, qui s’intéresse aux choses sensibles, qui n’ont pas l’air très sérieuses au niveau de l’échelle politique, sociale, et pourtant… Ces petits jeux là, ces petites bêtises-là sont en réalité ce sur quoi le cosmos tient.»