photographiesbiographie
exposition : Photographies 1980/2002
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Plutôt que de consacrer son exposition à un thème unique et permettre ainsi une lecture plus aisée de son œuvre à travers des variations formelles, Manuela Marques propose une mise en relation d'images de différents registres et genres. Chacune des images est à la fois une réalisation singulière qui prend sa place dans un ensemble où elles instaurent entre elles une relation discursive.
Un parti aussi inhabituel ne peut que créer un sentiment d'étrangeté.
Mais, au-delà de cette première impression, se tisse alors entre les œuvres un propos cohérent et perceptible.
Les personnages, situés isolément dans un milieu naturel ou construit, esquissent un geste ou une parole, projettent leur attention sur un ailleurs non apparent, ou semblent happés par une anxiété intérieure. Loin de fixer l'objectif, ils tentent, au contraire, de s'en détourner ou de s'en protéger en cachant leur regard pour mieux préserver leur espace mental.
Cette attitude, saisie dans son immédiateté, n'est que la partie visible d'un mouvement plus ample du passage d'un état à un autre. Elle forme le signe d'un langage corporel dont le vocabulaire est laissé à l'interprétation du spectateur.
En manifestant une attente qui va du retrait mutique à l'absence pure et simple, ces expressions gestuelles se conjuguent dans le jeu entre intériorité et extériorité. Tentant de se retirer d'une réalité dont ils se sentent étrangers pour se laisser absorber par leur étonnement inquiet, ces personnages donnent l'impression d'être "jetés" dans le monde, selon les termes de Heidegger.
Qu'il soit figuré sous la forme d'une vague monstrueuse, ou sous celle d'un amas d’objets à l'abandon, hors de toute présence humaine, ce monde semble dévoiler un état sauvage et menaçant que nous avions peut-être oublié.
Et ainsi sommes-nous, nous aussi, invités à regarder le monde avec étonnement et à partager l'inquiétude muette des personnages devant ce qui est.