Marie Losier

Arrière-train fantôme

5 septembre - 31 octobre 2026


Arrière-train fantôme

Le rire de Marie Losier est un rire de verre qui se brise quand beaucoup de verre se brise d’un coup. Un rire de pyramide de verres quand elle s’écroule du buffet parce que quelqu’un a trébuché (ou alors on l’a poussé). C’est un rire de joie et c’est un rire catastrophé. Tout ce que Marie Losier filme, monte, tourne, dessine, sculpte, rêve, dit, coud, découd, défait ou rafistole est tout pareillement constitué de joie et de catastrophe. La catastrophe qui rend la joie bizarre, inquiétante, dangereuse et la joie qui fait tourner la catastrophe dans son lait, dans son beurre, dans son sucre. Tout ce qui tourne finit par forer quelque chose, à force de tourner. Tourner fait des trous. Tour et trou sont l’anagramme l’un de l’autre et c’est ainsi que Marie Losier tourne et troue, usant de la manivelle comme d’une perforeuse. Mais que troue-t-elle ? Le temps, le réel, ses propres cauchemars : tout. Tout est tour, alors, et tout est trou. Trous de serrure (histoire d’œil), trous de couture (c’est du braille) points de suture et trous dans la péloche. Trous dans les couleurs de dessin saignés à blanc pour moitié.  Trous dans la mort et trous dans le tronc (grand con d’arbre et trous du culs d’amour). Tourne-disque spirite et tour supplémentaire de la question, quelle question ?

Marie Losier, quand elle ne tourne-pas, que fait-elle ? Elle retourne (la mort, comme un gant, puis retourne en enfance, capricieuse et cruelle, souveraine, couronnée), elle détourne (l’imaginaire et l’attention, et puis cette chiée de pochettes de disques glanés aux vide-greniers).  Elle immortalise paradoxalement sa tribu dont elle couche les membres pour toujours, gisants dérisoires, sensuels et princiers, flanqués d’objets fétiches et d’idées fixes peu banales : vous verrez. Ses amis, ses amours, ses copains, ses frères et sœurs d’élection, qu’elle change depuis toujours en icônes de cinoche, en personnages de conte, en clochards-pharaons, héros d’une mythologie bricolée-maison : voilà maintenant qu’elle les grave à même la peau de costumes étranges, horrifiques et tendres, tatouages réversibles. Il faut dire aujourd’hui combien l’art de Marie Losier est une vraie mystique de l’amitié : ses amis, ses amours, ses copains, ses frères et sœurs d’élections, vivants ou morts, mourants ou à naitre bientôt, c’est sa cour des miracles et son arche de Noé. Ce sont ses sujets, ses objets, la matière vivante de ses tours de magie, de manège. Comme eux, tournez sur vous-mêmes en traversant les espaces forains et médiumniques de Marie Losier.

Sing Sing

 

Marie Losier remercie immensément pour leur soutien et leur collaboration:

Eloïse Decazes,, Simon Fravega, Sing Sing, François Thuillier , Ophélie Manchon, Schahrazad Ghomari , Zack Boissau, David Legrand, Ael Dallier Vega, Alexandre Perrier, Marlène Saldana, Dima Dubson, Antoine Barraud, Rejean Peytavin, Victor Zebo, Cuco et Alix H.Mourrier / Les cadavres exquis avec Isaure Decazes, Joris Lacoste, Eloïse Decazes, Simon Fravega, Elg, Sing Sing, Julien Langendorff, Diana Sorin, Claire Doyon, Antoine Barraud, Patric Chiha, Frédéric Danos, Audrey Ginestet.

Collaboration en sérigraphie avec Ophélie Manchon artiste sérigraphe de l’atelier Ocho Gambas à Thiers et avec la couturière -costumière Schahrazed Ghomari/  L’Univers de Schahrazed à Thiers.

Marie Losier
Poppy Mystery, 2026
stylo, collage et aquarelle sur papier /pen, collage and watercolor on paper
72 x 52  cm

Marie Losier
Gant (pieds poilus), 2026
sérigraphie, couture et aquarelle sur tissus

Marie Losier
Oui!, 2026
Victor Zebo
stylo, aquarelle et collage sur papier
100 x 58  cm