Pas de copyright sur les rêves # 2* une proposition de Bénédicte Ramade

Emmanuel Lagarrigue, Guillaume Pinard, qubo gas

14 janvier - 25 février 2006


En mai 2005, Pas de copyright sur les rêves # 1 s’ouvrait à Prague, à l’Institut Culturel Français. Le rêve, l’inconscient comme vecteurs transculturels s’avéraient les outils les plus perspicaces pour contourner les barrières linguistiques et morales d’une culture tchèque présumée. Les rêves et les fantasmes s’installent dans chaque communauté, terrains informes et impalpables propices aux partages et aux échanges quelque soit la construction culturelle de chaque individu. Ils n’ont pas de territoire géopolitique en habitant l’intimité de tous. Pas de copyright sur les rêves / Sny bez copyrightu ressemblait à un slogan, à un engagement féroce, et s’affirmait surtout comme une provocation, une invitation à descendre dans les profondeurs de l’Institut français pour y découvrir les univers intimes et oniriques d’Emmanuel Lagarrigue, de Guillaume Pinard et du collectif Qubo Gas. Fragiles divagations sonores, numériques, graphiques, leurs propositions artistiques composaient une partition étonnamment cohérente en dépit des ruptures formelles. Le son de la création d’Emmanuel Lagarrigue zébrant tout l’espace agissait comme un sortilège avec la bande originale composée par Guillaume Pinard pour un film inédit, et faisait écho la prolifération visuelle des dessins et graphismes de papier du collectif lillois Qubo Gas et de Guillaume Pinard. La contagion physique orchestrée par les productions pragoises offrait un jeu de pistes et d’interprétation. Chaque œuvre agit à la manière d’une caisse de résonance pour les aspirations, les intuitions, les projections, les angoisses et les incompréhensions du rêveur égaré dans les histoires indicibles de ces cinq jeunes artistes. Pas de copyright sur les rêves/Sny bez copyrightu en appelait à l’inconscient en touchant le domaine du sensible. Sans redire la même combinaison, il nous semblait intéressant de rejouer cette exposition en la remaniant. Comme un rêve qui se répète, signe d’un trouble profond du sujet, l’exposition pouvait se reconfigurer dans l’espace de la galerie Anne Barrault, les œuvres tracer de nouvelles trajectoires, les combinaisons aléatoires entre les artistes et le public formuler de nouvelles hypothèses lors des visites à ce rêve éveillé.

Bénédicte Ramade

* Pas de copyright sur les rêves # 1 est un projet réalisé à l’invitation de Didier Montagné, directeur de l’Institut français de Prague, dans le cadre du programme Carte jeune génération de l’AFAA.