Marie Losier

Eat my Makeup!

11 janvier- 22 février 2020


La galerie anne barrault est heureuse de présenter la première exposition personnelle de Marie Losier dans son espace. L’artiste présentera un ensemble d’œuvres inédit réunissant films, installations, et dessins.

Marie Losier construit son univers artistique en conviant amis, famille et idoles dans un maelström déjanté. Connue principalement pour sa carrière derrière la caméra (une Bolex 16mm qui se remonte toutes les 30 secondes), l’artiste expose depuis quelques années monotypes et installations, en regard de ses films.
Son imagerie est inspirée par les figures new-yorkaises du cinéma underground et expérimental, des frères Kuchar à Paul Scharits en passant par le complice Tony Conrad, et sa nouvelle famille française de cinéma de Yann Gonzalez à Bertrand Mandico.
Les années new-yorkaises de l’artiste ont participé à constituer une partie de cette fratrie, d’autres viendront, comme Felix Kubin, à travers les voyages et les projets à son retour en Europe.
Tous sont les compagnons de fortune et d’infortune, amis fidèles et partenaires d’un art sans cesse en mouvance et en réflexion, qui évoque aussi bien Méliès que des clips de MTV, la poésie beat que l’univers camp, Fluxus que de l’art vidéo et la « low fi ».

Un regard exophtalmique (avec coquetterie) apparaît depuis la rue ; une invitation théâtrale à passer à travers le rideau coloré pour découvrir l’effervescence qui déferle à l’intérieur de la galerie. Sur un des murs se déploie le dessin puissant et tout en mouvements d’une femme sans tête aux pieds de bête. Elle porte en elle des caméras, donne vie à une pellicule qui s’animera à travers un projecteur aux pattes d’aigle. Le film est un portrait, un melting-pot de visages qui défilent les uns après les autres pour n’en former qu’un, après avoir été capturés par Marie Losier. Plus loin des boîtes décorées accueillent des boucles d’images de quelques secondes. Reprises des films de l’artiste, puisées dans ses rushes, ces vidéos offrent une vie nouvelle aux personnages dans un écrin débordant et baroque, sorte de lanternes magiques qui rappellent les débuts du cinématographe.
Les amis et intimes sont les modèles des grands portraits que l’artiste réalise depuis toujours à l’huile noire sur des feuilles de papier de riz. Du quotidien parfois excentrique ressort ici une certaine gravité. Alors que la délicatesse et la précision renvoient à la façon que Marie Losier a de filmer, directe et précise, proche mais pas intrusive, la fragilité du geste se retrouve aussi dans les regards donnant un contre-point plus solennel à l’ensemble du travail.

Pour sa première exposition à la galerie, l’artiste convoque de nouvelles histoires, pousse un peu plus loin les dessins et le trait, entrelace bestiaire, fête foraine, naissance du cinéma et gâteau à la crème vanille. Marie Losier mêle, comme savent si bien le faire les créateurs nord-américains, sa vie privée à son travail, en une autofiction euphorique et généreuse.
Ses oeuvres dépeignent une grande maison joyeuse de laquelle les parents seraient partis pour ne laisser que des enfants surexcités, débordant d’imagination, qui éclatent de rire en jouant aux adultes. Ils construisent des cabanes et des soucoupes volantes, se déguisent et se griment, cuisinent, mangent, rient, chantent et sautent partout. Ils portent des bonnets de bain à fleurs, des poulpes et des oiseaux en guise de couvre-chef, ils lancent des paillettes dorées et surtout, surtout, ils n’oublient jamais de danser.

Émilie Flory
octobre 2019

 

 

Avec le soutien aux galeries / première exposition du Centre national des arts plastiques   

 

 

 

 

 

 

 

Losier

Eat My Make-up!
film 6’, 2005

 

 

Losier

Simon, 2019
peinture à l’huile sur papier de riz,
66 x 76 cm

 

 

 

Losier

Félix et sa cigogne, 2018
caisson lumineux
67,5 x 51,5 x 15 cm