Neïla Czermak Ichti

28 août - 9 octobre 2021

La galerie anne barrault est heureuse de présenter la premiere exposition personnelle de Neïla Czermak Ichti. A cette occasion son premier livre sortira aux éditons P.


Certaines peintures représentent des formes existantes, peut-être reconnaissables comme des figures, des bouches, des visages, des corps. On en reconnait des identités fixes, données comme telles, que l’on reconnait souvent comme appartenant à des strates de la populations qui se retrouve à nouveau représentée partout : dans des magazines, à la télévisions, dans les musées… Comme si tout aller de soi.

D’autres peintures représentent des oracles.

Si Neila Czermak n’existait pas à travers ses rêves, ses fantaisies, ses traversées de portes du temps, on serait encore là à identifier ces mêmes corps, comme étant données. Alors que souvent la vérité se trouve ailleurs. Sa manière de peindre des scènes quotidiennes, tout en les « twistant » est une manière aussi réelle de parler d’histoires souvent oubliées et considérées comme allant de soi, une nouvelle fois. Neila Czermak prouve que rien ne va de soi, qu’il faut attirer l’attention sur ce petit monstre qui dort sous nos lit ou la phrase prononcée (disait-elle la vérité?) par une grand-mère de l’autre côté de la Méditerranée.

Car à travers l’apparition d’un clown, de cornes monstrueuses, une main robotique, ou encore d’une figurine de Dragon Ball Z, la peintre nous invite à redéfinir nos certitudes sur le monde invisible, à politiser aussi nos mots et à s’intéresser à tromper nos certitudes – de façon à la fois visionnaire et rendant hommage à nos mères, mais aussi nos frères, souvent déshumanisés, et nos soeurs, souvent incomprises.

Les peintures de Neila Czermak replacent un espoir dans une manière juste de parler de nous, tout en plaçant la bizarrerie comme une position radicale et une manière d’être au monde. Peut-Etre est-ce le moment de ne pas revenir à du normal, plus plutôt de faire confiance aux signes, au hasard et à tout ce qui est impossible à expliquer.

D’autres peintures représentent des oracles.

Et enfin, d’autres peintures font plus que représenter, elles annoncent une fin, peut-être celles de l’identité, pour ouvrir à d’autres possibles urbains, tout en les célébrant.

Tarek Lakhrissi, 2020