TOPOR N’EST PAS MORT

7 septembre - 26 octobre 2019


Guillaume Bruère, Nina Childress, Olivia Clavel, Bertrand Dezoteux, Julie Doucet, Paul van der Eerden, Steve Gianakos, Killoffer, Mirka Lugosi, Bertrand Mandico, Antoine Marquis, Guillaume Pinard, Hugues Reip, Jean-Xavier Renaud, Elsa Sahal, Dasha Shishkin, Taroop & Glabel, Daniel Spoerri, Nicolas Topor, Henk Visch, Willem, et Roland Topor.

 

Roland Topor, était un créateur insatiable. Il se définissait simplement comme « un travailleur du papier », mais son œuvre est impressionnante et protéiforme : dessins, romans, films, pièces de théâtre, émissions de télévision.
Son esprit carnavalesque, sa dérision cruelle, son rire tonitruant ont infusé en nous.
Son premier dessin est publié dans la revue Bizarre en 1958, et son premier recueil de dessins datant de 1960 a pour titre « les masochistes ».
En 1962, Roland Topor continue à s’amuser et à nous captiver. Il fonde le groupe Panique avec ses amis Fernando Arrabal et Alejandro Jodorowsky.
Panique est un hommage à Pan, le dieu de l’amour et de la fornication, de l’humour et de la confusion. Panique est né en réaction au dogmatisme d’André Breton, qui n’aimait ni le rock, ni la science-fiction, ni la pornographie.
En 1964, est publié son livre « Le locataire chimérique », qui sera adapté au cinéma, quelques années plus tard, par Roman Polanski. Et son film d’animation « La planète Sauvage » réalisé avec René Laloux, obtient le prix spécial du jury au festival de Cannes 1973.

Dès le début des années 1970, Topor expose régulièrement dans les galeries. Aujourd’hui il est considéré comme l’un des dessinateurs les plus importants du 20ème siècle.

Lors d’un entretien mené par Eddy Devolder en 1994, Roland Topor disait « Je rigole du tragique, la réalité me donne de l’asthme. Je suis comme un gosse à l’école qui écrit et qui dessine, cela fait partie des possibilités humaines de salir du papier. J’aime l’art car c’est une manière d’évacuer la culpabilité et de ne garder que le plaisir ».

Cette exposition n’est pas un hommage à proprement parler. Les artistes invités n’ont pas réalisé de nouvelles œuvres pour l’occasion. Le jeu a simplement consisté à sélectionner des dessins, peintures, et films, par affinité élective, et à faire advenir des connivences.
Topor expliquait que s’il dessinait ou s’il écrivait, c’était pour trouver des alliés.
C’est là tout simplement le projet de cette exposition : retrouver dans ces alliés l’esprit de Topor.

Cette exposition se veut généreuse et foisonnante, à son image, l’occasion de découvrir les œuvres de 21 artistes, ainsi qu’un ensemble de dessins de Roland Topor.

 

Remerciements chaleureux à Alexandre Devaux, Pacôme Thiellement et Nicolas Topor,
et aux galeries : Air de Paris, Bernard Jordan, Tim Van Laere (Anvers), Semiose, Papillon, Produzentengalerie (Hambourg), and Susanne Vielmetter (Los Angeles).

 

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GUILLAUME BRUÈRE

Né en 1976 à Chatêllerault, il vit et travaille à Berlin.

Au cours de nombreuses expositions personnelles, l’artiste se réapproprie des oeuvres de différents
musées d’Europe, comme le Museum Lazaro Galdiano à Madrid en 2018, où il fait dialoguer Goya
et Le Greco avec l’art contemporain. Utilisant aussi bien le crayon que l’aquarelle en passant par
le pastel, Guillaume Bruère nous propose un riche univers, nourri par ses interventions au Louvre
ou dernièrement à la Kunsthaus de Zurich. Sa vision mouvementée et fortement colorée de l’art,
épouse en 2013 celle de Vincent Van Gogh, lorsque la Fondation Vincent Van Gogh d’Arles envahit
les rues de la ville. Touche à tout, Guillaume Bruère y délivre une performance marquante : il réalise
le portrait d’une arlésienne en costume, marchant ainsi dans les pas du maître hollandais.
En 2015, Guillaume Bruère s’illustre au Château de Chambord avec son exposition « François Ier
illimité », où il propose son interprétation du monarque par Jean Clouet ainsi que des portraits de la
reine Claude et des présidents français.
En 2016, Guillaume Bruère s’engage dans des thèmes politiques en réalisant Portraits of Refugee
pour le Deutsches Historische Museum (Schlüterhof) de Berlin.
De février à avril 2019, Guillaume Bruère est en résidence d’artiste au Musée Picasso d’Antibes.

expositions en cours et à venir :

Les portraits des réfugiés
le 104, Paris
10 janvier – 16 février 2020

nach Bruère
Kunsthaus Zurich, Switzerland
24 mai – 8 septembre 2019

Guillaume Bruère
Nahmad Project, London
21 juin – 25 juillet 2019

Guillaume Bruère
Museo del Greco, Toledo
9 avril – 14 juillet 2019

Vulgata
Dommuseum, Mayence
6 mars – 7 juillet 2019

 

 

 

 

 

Guillaume Bruère
Louvre, 2011
pastel gras et crayon sur papier
70 x 50 cm

 

 

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OLIVIA CLAVEL

Né en 1955 à Paris , elle vit et travaille à Paris

Olivia Clavel est membre fondatrice du groupe d’artistes Bazooka, avec Lulu Larsen, Kiki et Loulou
Picasso.
Très influents et actifs dans la presse des années 70 / 80 (Libération , Métal hurlant , Hara kiri
etc…), ils créent leur propre journal, Un regard moderne, aux éditions Futuropolis, et avec Kiki et
Loulou Picasso.
Auteur de bande dessinée avec son héros Télé : Les aventures de Télé Matcho girl aux éditions du
Dernier terrain vague (1981), Télé au royaume des ombres aux Humanoïdes associés (1983), et La
recherche aux éditions United Dead Artists (2014).
Elle réalise également des pochettes de disques : Asphalt Jungle, Sapho, les Rita Mitzouko , Jean-Francois Coen , Brigitte Fontaine dont elle fit aussi le clip «le Nougat». En 2020, un livre rassemblant ses peintures et dessins sera publié aux Cahiers Dessinées.

 

exposition en cours  :

Champs d’Amours : 100 ans de cinéma arc-en-ciel
Hôtel de ville, Paris
25 juin – 28 septembre 2019

 

 

 

Olivia Clavel
Les nids des oiseaux d’or
, 2017
acrylique sur carton
22 x 30,5 cm

 

 

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NINA CHILDRESS

Née à Pasadena, aux Etats-Unis, en 1961, elle vit et travaille à Paris.
Nina Childress l’affirme : « Oui, oui, oui, on peut peindre n’importe quoi et j’aurais même tendance à
penser qu’il vaut mieux peindre n’importe quoi si l’on veut que la peinture reste un peu excitante.»
Son oeuvre picturale débutée en 1983 en atteste, l’artiste ne se fixe aucune limite. Après un premier choc pictural à l’âge de 12 ans devant des toiles de David Hockney, elle décide quelques années plus tard d’intégrer les Arts-Déco. Très vite elle quitte cette formation pour vivre pleinement l’éclosion de la scène punk parisienne, où elle devient la voix du groupe Lucrate Milk. C’est dans ce contexte culturel underground des années 1980 qu’elle intègre ensuite le collectif parisien les Frères Ripoulin (1984-1988). Avec ce groupe d’artistes, empreints de figuration libre, Nina Childress développe ses premiers travaux artistiques. Dès lors, sa pratique picturale n’a cessé de se renouveler et d’embrasser tous les modes de représentation : abstraction ou hyperréalisme, objets du quotidien magnifiés ou autoportraits introspectifs. Sa détermination fait qu’elle n’a jamais cessé de peindre, quand bien même le marché délaissait ce médium d’expression. Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans ses tableaux, qui mêlent bien souvent humour et provocation, une énergie sincère et franche. Quels que soient leur motif et leur taille, ses tableaux sont immédiatement identifiables par les couleurs saturées et fluos qui les caractérisent. Ses derniers travaux portent essentiellement sur la représentation de figures féminines.
Son travail, aujourd’hui largement reconnu, est exposé aussi bien dans des collections publiques que privées.

 

exposition à venir :

Nina Childress & Guillaume Pinard
Ecole des Beaux-Arts de Nantes
19 novembre – 18 janvier 2020

 

 

 

 

Nina Childress
867 Autoportrait au slip I, 2012
61 x 46 cm
courtesy galerie Bernard Jordan

 

 

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BERTRAND DEZOTEUX

Né en 1982, il vit et travaille entre Paris et Bayonne.

Bertrand Dezoteux est diplômé de la Haute École des arts du Rhin de Strasbourg et du Fresnoy, Studio National des Arts contemporains à Tourcoing.
Bertrand Dezoteux, selon ses propres mots, « observe, en anthropologue amateur, la vie dans les mondes virtuels ». Du « documentaire animalier en 3D » (Le Corso, 2008) au « film d’animation de marionnettes non réalistes » (En Attendant Mars, 2015) en passant par un « essai sur les mythologies de la modernité à la française » (L’Histoire de France en 3D, 2012), entre autres, le vidéaste explore techniques informatiques et références culturelles, devenant maître dans l’art de l’assemblage comme dans celui du bricolage numérique. Entre divertissement et doute, ode à la science et maladresse volontaire, l’artiste crée des objets visuels complexes, en mobilisant des formes et des savoirs très variés.

 

 

 

Bertrand Dezoteux
Harmonie, 2018
film d‘animation, 20 minutes

 

 

 

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JULIE DOUCET

Née à Montréal en 1965, elle vit et travaille à Montréal.

Julie Doucet étudie les arts plastiques au cégep du Vieux Montréal au début des années 1980. C’est là qu’elle découvre la bande dessinée. Elle s’inscrit ensuite à l’Université du Québec à Montréal, où elle étudie les arts graphiques (art de l’impression) et plastiques. Elle fait ses débuts dans le numéro 2 de la revue Tchiize! (bis) publiée par Yves Millet, au milieu des années 1980. Elle collabore ensuite à L’Organe (devenu Mac Tin Tac) et à Rectangle, deux revues qui verront éclore toute une génération d’auteurs « underground » québécois majeurs.
Entre 1988 et 1990, Doucet crée son fanzine, Dirty Plotte (14 numéros). Ses pages sont reprises par des revues comme Heck!, Rip-Off Comix, Wimmen Comix, Buzzard, Weirdo (fondé par Robert Crumb), ou en France Chacal Puant (fondé par Stéphane Blanquet).
En 1990, le fondateur de la maison d’édition Drawn and Quarterly, Chris Oliveros, publie Dirty Plotte sous forme de comic-book. C’est le point de départ d’une reconnaissance importante pour Julie Doucet, qui est alors admirée par des auteurs tels que Robert Crumb, Charles Burns ou encore Art Spiegelman. Elle émigre un temps à New York, revient à Montréal, part vivre quelques années à Berlin avant de rentrer à nouveau à Montréal.

Après la sortie de L’Affaire Madame Paul, Julie Doucet annonce qu’elle abandonne la bandedessinée. En 2013, elle crée sa propre maison d’édition : Le pantalitaire.

En 2020, son prochain livre de dessins, Free Hand Drawing With Correction Fluid, sera publié aux éditions Drawn & Quarterly Publications.

 

expositions en cours :

This Is Serious : Canadian Indie Comics
Art Gallery Of Hamilton, Hamilton, Ontario.
21 juin 2019 – 5 janvier 2020

Histoire de l’art cherche personnages
CAPC Musée d’art contemporain, Bordeaux
20 juin 2019 – 2 février 2020

 

 

 

 

Julie Doucet
06.07.01, 2001
encre sur support imprimé
16,5 x 10 cm

 

 

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PAUL VAN DER EERDEN

Né en 1954 à Rotterdam, il vit et travaille à Doordrecht.

Paul van der Eerden est diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Rotterdam en 1979. Il expose régulièrement à la Galerie Bernard Jordan à Paris, et son travail a fait récemment l’objet d’une exposition au Musée Boijmans à Rotterdam. Dans le domaine protéiforme qu’on désigne comme “l’art contemporain”, Paul van der Eerden se contente d’un seul langage : le dessin. Une feuille de papier et un crayon de couleur suffisent pour qu’il se joue de l’abstraction, du motif, de l’onomatopée, de la sexualité, de la figuration, du rêve, de la réalité. “Polyglotte de lui-même”, cérébral et possédé, il s’acharne à oublier toute idée, tout concept, pour improviser avec irrévérence un alphabet où s’emmêlent nos catégories : dessins d’enfant, dessin primitif, brut, automatique, satirique.

 

 

 

Paul van der Eerden

Paul van der Eerden
Sans titre (031), 2018
crayon et crayon de couleur sur papier
21 x 14.7 cm
courtesy galerie Bernard Jordan

 

 

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STEVE GIANAKOS

Né en 1938 à New York, il vit et travaille entre New York et La Canée.
Steve Gianakos commence à travailler dans les années 1960, après avoir obtenu son diplôme du Pratt Institute de Brooklyn.
L’artiste réalise des oeuvres sur papier mais également des peintures sur toile. Sur ces deux supports, Gianakos représente des personnages, le plus souvent féminins, pin-ups, bien souvent dans des situations incongrues. Les scènes sont parfois érotiques, humoristiques et caricaturales, et ont pour objectif de révéler la névrose et le malaise d’une société américaine et occidentale.

 

exposition en cours :

Beyond Your Shadow: Four Ways to Describe a Human Being
Municipal Art Gallery, Athènes , Grèce
Jusqu’au 22 septembre 2019

 

 

 

Steve Gianakos

Untitled (Monkey Girl), 1992
Techniques mixtes sur papier / Mixed media on paper
66 cm x 72,4 cm
courtesy Semiose

 

 

 

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KILLOFFER

Né en 1966, il vit et travaille à Paris.

Killoffer est l’un des membres fondateurs de L’Association, maison d’édition créée en 1990 avec
Jean-Christophe Menu, Lewis Trondheim, David B., Mattt Konture, Stanislas et Mokeït.

Il jouit d’une réputation bien établie, tant dans l’univers de la bande dessinée, avec son album
emblématique 676 apparitions de Killoffer, que dans l’univers de la presse, notamment avec ses
dessins publiés dans Libération.

Il a présenté récemment une exposition personnelle au Musée de l’Abbaye de Sainte-Croix des
Sables d’Olonne, à la Galerie de la Casa de Francia à Mexico, au centre d’art de Xalapa au Mexique,
également à la Filbo à Bogota en Colombie, et à la galerie anne barrault à Paris.

Il a également participé à des expositions collectives telles que «Théâtre du monde», dédiée à la
collection de David Walsh, MONA (Museum of Old and New Art), à la Maison Rouge, Paris ; quelques
instants plus tard, au Couvent des Cordeliers, Paris et à la Cité internationale de la bande dessinée
et de l’image, Angoulême ; «La ville dessinée», à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, Palais de
Chaillot, Paris ; «Comic Strip» au Musée de Sérignan ; «Cult fiction» à la Walsall Art Gallery, Grande-
Bretagne, exposition organisée par la Hayward gallery de Londres ; et «la Nuit curieuse» à la Ferme
du Buisson.

Son livre monographique Charbons a été publié à l’occasion de son exposition personnelle au
Musée de l’Abbaye de Sainte-Croix des Sables d’Olonne, et son dernier album, Killoffer tel qu’en lui
même enfin, vient d’être publié aux éditions l’Association.

Killoffer est fondateur et rédacteur en chef, avec Jean-Yves Duhoo, du trimestriel Mon Lapin
Quotidien (MLQ), édité par L’Association, dont le premier numéro est sorti en février 2017.

 

exposition en cours :

Histoire de l’art cherche personnages…
CAPC, Bordeaux
20 juin – 2 février 2020

 

 

Killoffer, les couilles enragées

Killoffer
Les couilles enragées, 2016
crayon sur papier
39 x 48 cm

 

 

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MÏRKA LUGOSI

Mïrka Lugosi est une artiste française, elle vit et travaille à Clamart en France.

Autodidacte, Mïrka Lugosi a appris à dessiner lorsqu’elle était modèle à l’école des beaux-arts d’Orléans, en écoutant les commentaires des élèves et des professeurs. C’est là aussi qu’elle fait l’expérience du temps distendu et de la performance. Au début de sa vie artistique, elle s’interdisait strictement la représentation figurative. Cet interdit cachait bien sûr un penchant évident pour la figuration, auquel elle ose s’adonner aujourd’hui de façon décomplexée.
Elle est surtout connue par ce qu’elle appelle ses «dessins sexuels», où elle y représente des femmes à l’aspect de pin-up ou dominatrices, souvent en lingerie et talons aiguilles, dans des situations ou des positions explicites, suggèrant un plaisir assumé et acquis. C’est par ses représentations que Mïrka Lugosi émancipe la femme de l’image de la soumission, où se sont souvent les hommes les dominants.

Son travail est représenté par la galerie Air de Paris.

 

exposition en cours :

L’Antichambre
Georges V Art Center, Pékin
28 juin – 28 juillet 2019

 

 

Mïrka Lugosi
Craven A, 2015
crayon de couleur sur papier
44 x 32 cm
courtesy Air de Paris

 

 

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BERTRAND MANDICO

Né à Toulouse en 1971, il vit et travaille à Paris.

Bertrand Mandico est diplômé de l’école de cinéma d’animation des Gobelins. Après quelques films d’animation aux atmosphères organiques et surréalistes comme Le Cavalier bleu (prix du meilleur projet au Festival international du film d’animation d’Annecy), il se dirige vers la prise de vue réelle, d’abord pour des films de commande où il développe un univers insolite (vidéos, mini-séries), puis pour ses courts-métrages de fiction aux univers radicaux. Il se consacre en outre à l’écriture de longs métrages et continue à réaliser de nombreux films multiformats, dont Boro in the Box (Quinzaine des réalisateurs 2011), Living still life (sélection officielle à la Mostra de Venise 2012 ; Festival international du film de Rotterdam 2013) et Prehistoric Cabaret (prix du meilleur court-métrage au festival de San-Francisco).
Il tourne en 2017 le long-métrage Les Garçons sauvages (présenté et primé à la Semaine de la critique de Venise) : ce film, récompensé dans de nombreux festivals, est considéré comme une oeuvre emblématique.

exposition collective à venir :
De Dracula à Twilight
commissariat : Matthieu Orléan
La Cinémathèque française, Paris
7 octobre 2019 au 19 janvier 2020

 

Bertrand Mandico
sans titre, 2018
collage et aquarelle sur Rhodoïd
9 x 9 cm

 

 

 

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ANTOINE MARQUIS

Né en 1974, il vit et travaille à Paris.

Dans la série de dessins Costumes pour un spectacle, Antoine Marquis évoque les plages de Vendée, son département d’origine, qui racontent une adolescence en bord de mer, les plages de surf, les formes et couleurs des stations balnéaires. Il représente, sous forme de réminiscence, des personnages aux tenues composites et colorées, vaguement tropicales, comme issues d’une tribu reculée, un spectacle de fin d’année scolaire, ou une « Planète sauvage ».

Dans ces dessins à l’exotisme ou la science fiction de pacotille, polychrome et triviale, les modèles agissent comme les acteurs indisciplinés et joyeux d’un théâtre amateur. Comme autant d’individus définis par leurs ornements, il posent et paradent dans une frise hors du temps.

 

exposition à venir :

Futur, ancien, fugitif – Une scène française
Palais de Tokyo, Paris
16 octobre – 5 janvier 2020

 

 

 

Antoine Marquis
Costumes pour un spectacle, 2018
acrylique et pastel gras sur papier
15 x 10 cm

 

 

 

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GUILLAUME PINARD

Né à Nantes en 1971, il vit et travaille à Rennes.

Il développe une oeuvre polymorphe, où le dessin, la peinture et l’écriture tiennent une grande part. Artiste doté d’un vocabulaire graphique infini, Guillaume Pinard scrute avec une douce ironie les occurrences et les significations cachées dans toutes les formes de discours, en cherchant à vicier les hiérarchies.

Il explore avec délectation tous les supports de la monstration. C’est à partir de ses intérêts pour le dictionnaire, la peinture, et aussi toute forme d’image trouvée sur le net, que l’artiste met en mouvement – au fil des expositions – les bribes d’une narration, les articulations d’un monde éclaté. Guillaume Pinard s’est mué en archéologue de sa propre pratique. Il nous fait pénétrer dans sa boîte crânienne, une soupe de cerveau, éclectique, illogique, agitée. Il ne cesse d’osciller entre prosaïsme et grande référence, entre la pratique du quotidien et la grande tradition picturale.

 

 

expositions en cours et à venir :

Guillaume Pinard
Madoura, Vallauris
3 aout – 27 septembre 2019

Guillaume Pinard
Galerie Lendroit, Rennes
12 septembre – 15 novembre 2019

«Nina Childress & Guillaume Pinard»
Ecole des Beaux-Arts de Nantes
19 novembre – 18 janvier 2020

 

 

Guillaume Pinard
Violine, 2015
pastel sec sur papier
25 x 33 cm / 30 x 38 cm (avec cadre)

 

 

 

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HUGUES REIP

Né à Cannes en 1964, il vit et travaille à Paris.

Hugues Reip développe depuis le début des années 1990 une oeuvre avec des moyens très variés (dessin, sculpture, photographie, vidéo, diaporama…) et une économie tout à fait personnelle qui conjugue apparente simplicité, méticuleuse légèreté, et efficacité, pour explorer le fantastique et l’extraordinaire du quotidien et du familier.

«Artiste polyvalent, graphiste, vidéaste, photographe et sculpteur, Hugues Reip tente de faire ressortir d’un objet, d’un lieu ou d’une situation des aspects insolites et surprenants. « Je me souviens des gravures accompagnant les récits de Jules Verne, qui, rendant l’irréel véritable, évoquaient un monde qui aurait un corps, un temps, un espace visible différent du nôtre… mais au même endroit » explique l’artiste. En arrachant de la banalité des objets anodins dont il modifie des éléments, l’échelle par exemple, Reip crée des atmosphères irrationnelles au sein desquelles le spectateur se confronte à un univers aux objets distordus au point de n’être plus concevables. En 1991, avec ses Montagnes, il propose une interprétation sculpturale de motifs picturaux empruntés à des oeuvres de peintres. De la toile, ou plus précisément de la forme peinte comme référent, il fait jaillir des volumes étranges et anachroniques. Building (1993), est une oeuvre précoce dans la production de Reip, et qui, si elle se détache du fantasque, signale déjà l’intérêt de l’artiste pour le glissement sémantique des objets. Au château de Chamarande en 2009, son exposition intitulée Le Château avait comme point de départ un tableau d’Hubert Robert. L’artiste conçut des pièces spécifiquement pour chacune des salles (peintures, installations et vidéos), en cherchant à établir des résonances entre elles. Un monde à la fois féérique et inquiétant faisait entrer le visiteur dans une autre réalité, située entre « abstraction et magie ». Le travail de Hugues Reip peut se définir comme une stratégie d’envahissement du réel, où, selon une tactique invasive, il révèle une réalité relative.»

Nadine Labedade

 

 

 

Hugues Reip
Noir Dessein, 2015
encre, crayon, aquarelle, acrylique & ailes de papillons sur papier
21,7 x 14,7 cm

 

 

 

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JEAN-XAVIER RENAUD

Né en 1977 à Woippy, il vit et travaille aujourd’hui à Hauteville-Lompnes (dans l’Ain).

Diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg (HEAR), Jean-Xavier Renaud s’exprime aussi bien à travers ses oeuvres qu’à travers son implication au conseil municipal d’Hauteville-Lompnes.

Tout en réalisant sa première exposition personnelle en 2006 à la Galerie Levy-Delval de Bruxelles, l’artiste commence également à intervenir dans des maisons d’arrêt, des centres thérapeutiques et des hôpitaux.
Il participe à l’exposition Dynasty au Palais de Tokyo en 2010, aux côtés de Gaëlle Boucand, Yuhsin U.Chang ou encore Duncan Wylie. L’oeuvre de Jean-Xavier Renaud s’articule autour d’une critique de la société actuelle : établi en dehors de la ville Lumière, l’artiste traite tout sujet, politique, social, représentant aussi bien Donald Trump que Paris Hilton. A ceux qui qualifient son art de vulgaire, il rétorque « je ne fais que refléter la vulgarité du monde ».

 

 

 

Jean-Xavier Renaud
Voisins vigilants police, 2018
aquarelle sur papier,
78 x 108 cm

 

 

 

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ELSA SAHAL

Née en 1975 à Bagnolet, elle vit et travaille à Paris.

Diplômée de l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris en 2000, Elsa Sahal effectue une résidence à Sèvres en 2007, qui lui permet de développer le travail des émaux avec des cuissons à haute température. La Fondation d’entreprise Ricard lui consacre en 2008 une exposition personnelle, et elle obtient le prix MAIF pour la sculpture. En 2009, elle est accueillie comme professeur invitée à la Alfred University, New York State College of Ceramic. Elle a par ailleurs enseigné à l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg de 2005 à 2012.
Lors d’une résidence à la Archie Bray Foundation dans le Montana en 2013, elle approfondit encore des techniques de cuisson et aborde de nouvelles formes, plus épurées. Cette même année, ses oeuvres sont montrées lors de l’exposition Body & Soul: New International Ceramics au Museum of Art and Design de New York. En 2017, son travail est présenté dans les expositions Women House à la Monnaie de Paris, et au National Museum of Women in the Arts à Washington (2018) ; Les retrouvailles, Musée des Beaux- Arts de Brest ; POINT QUARTZ Flower of Kent, Villa Arson – Nice; Surreal House à la galerie The Pill, Istanbul.

 

 

expositions en cours  :

Equinoxes 2
Boutique Camille Fournet, Paris
jusqu’au 20 septembre 2019

SOME OF US
commissaire Jérôme Cotinet
Kunstwerk Carlshütte, Büdelsdorf, Allemagne
jusqu’au 13 octobre 2019

 

Elsa sahal
Nue posée, 2018
céramique émaillée, verre soufflé rose
93 x 47 x 69 cm
courtesy galerie Papillon

 

 

 

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DASHA SHISHKIN

Née en 1977 à Moscou en Russie, elle vit et travaille à New York.

Dasha Shiskin est connue pour ses grands dessins colorés sur des surfaces en mylar semitransparentes, où elle utilise différents matériaux dont l’acrylique, l’encre et les crayons de couleur. Bien que son oeuvre soit figurative avec les qualités d’une fable, l’artiste évite tout récit concret. Ainsi ses compositions complexes relèvent de la romance, de l’érotisme, de l’humour et du grotesque.
Dasha Shishkin a reçu son MFA de l’Université de Columbia (New York, NY, 2006) et son BFA de la New School for Social Research (New York, NY, 2001). Son travail a été présenté à l’occasion d’expositions personnelles telles que erry icket au Musée d’Art Contemporain de Santa Barbara, I Surrender, Dear au Contemporary Arts Center de Cincinnati, Sammy à la galerie Giò Marconi à Milan; BB5 au Grieffelkunst à Hambourg, et Desparecido à la galerie Zach Feuer à New York.
Ses oeuvres ont également été montrées dans le cadre d’expositions collectives dont One Torino:
Shit and Die au Palazzo Cavour à Turin (commissaire Maurizio Cattelan), Imaginary Portraits of Prince Igor à la galerie Met à New York, Gaiety is the Most Outstanding Feature of the Soviet Union: Art from Russia à la Saatchi Gallery de Londres, Idealizing the Imaginary: Invention and Illusion in Contemporary Painting à la galerie de l’université d’Oakland et Embrace au Musée d’Art de Denver.

Dasha Shishkin est représentée par Susanne Vielmetter Los Angeles Projects, et Produzentengallerie, Hamburg, Germany, et Gio Marconi, Milan

 

exposition à venir :

Dasha Shishkin
L21 Gallery, Palma, Spain
Septembre 2019

 

Dasha Shishkin
you saw me see it but you are not going to see me saw it, 2018
acrylique sur toile
101,5 x 101,5 cm
courtesy Produzentengalerie

 

 

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DANIEL SPOERRI

Né en 1930 à Galati en Roumanie, il vit et travaille à Vienne.

Daniel Spoerri entame une carrière de danseur en 1954, il devient le premier danseur de l’Opéra de Berne, puis sera assistant-metteur en scène au Landestheater de Darmstadt de 1957 à 1959, où il crée la revue poétique d’avant-garde « MATERIAL ».

Il réalise la même année ses premiers tableaux-pièges dont il explique ultérieurement le processus dans « Une Topographie anecdotée du Hasard » en 1962. Installé à Paris en 1960, il crée les éditions MAT (Multiplication d’Art Transformable), et publie des multiples (livres d’artiste, boîtes-objets,sculptures…) de Yaacov Agam, Josef Albers, Pol Bury, Marcel Duchamp, Heinz Mack, Dieter Roth, Jesús-Rafael Soto, Jean Tinguely, François Morellet, Victor Vasarely et bien d’autres.

Proche de Tinguely depuis 1949 et d’Yves Klein, il signe la déclaration esthétique du nouveau réalisme. Ami de Robert Filliou (1926-1987) depuis 1959, il se rapproche de George Brecht et George Maciunas, tous créateurs de Fluxus. Après avoir transformé la galerie J. en restaurant et les tables des repas consommés par des amis en oeuvre d’art, Spoerri ouvre un restaurant à Düsseldorf et la Eat-Art Gallery où il expose notamment Joseph Beuys, Nikki de Saint Phalle, Richard Lindner, Morellet et Topor.
Aujourd’hui, Daniel Spoerri exploite le caractère magique de l’objet trouvé, réalisant des assemblages où se mêlent crânes d’animaux, instruments orthopédiques, hachoirs à viande, qui deviennent les idoles d’un art primitif inventé, se moquant des croyances et des conventions artistiques. Sur ce principe, il conçoit « les Corps en morceaux » au château de Oiron en 1993, parodie de trophées composées d’éléments d’armures, prothèses, masques africains, têtes de chevaux de bois…
Spoerri ouvre une fondation en Toscane en 1997 avec un parc de sculptures.

 

expositions en cours et à venir :

Gigantisme – art & industrie
FRAC Grand Large – Hauts de France
4 mai – 5 janvier 2020

Exposition personnelle
MAMAC, Nice
été 2020

 

Daniel Spoerri
Conversation avec Roland Topor, 1991
assemblage, technique mixte
105 x 50 cm

 

 

 

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TAROOP & GLABEL

Taroop & Glabel est un collectif fondé au début des années 1990. Son leitmotiv est une lecture critique et amusée de mythes, et de vieilles illusions sur les religions, les sciences et les vérités acquises, sans oublier les illusions contemporaines, celles de la société de consommation et du règne de la publicité. Une démarche artistique qui se décline sous formes d’illustrations, de collages et d’installations.

 

Taroop & Glabel
les belles images de T&G, 2009
courtesy Semiose

 

 

 

 

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NICOLAS TOPOR

Né en 1963 à Paris, il vit et travaille à Paris.

En 1970, alors que Nicolas Topor n’a que 7 ans, est publié un recueil de ses dessins réalisés à 4 mains avec son père Roland Topor : Un Monsieur tout esquinté. Récits d’expédition en Lagunie, son premier ouvrage personnel paraît en 1976. Après des études aux Beaux-Arts de Paris, Nicolas Topor entreprend divers voyages. Nourri par ses voyages et marqué par le décès de son père en 1997, l’artiste créé un monde fictif nommé Kazikstan, en l’honneur de Kazik Hentchel, ex-directeur du cinéma Accatone à Paris. Cet univers a ensuite été décliné en site internet, chansons, films…

Chanteur, Nicolas Topor interprète depuis 2000 les chansons de son père ainsi que les siennes. Il fait également partie d’un groupe, Le téton de Vénus.
A l’occasion du vernissage, le 7 septembre, il chantera quelques unes de ses chansons à 18h.

 

 

 

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HENK VISCH

Né en 1950 à Eindhoven, aux Pays-Bas. Il vit et travaille à Berlin.`

« La sculpture d’un monde en guerre : il tombe, se relève et se retrouve au milieu d’un certain vide obscur. Les détails ne sont pas très prononcés, les pieds, la terre, le corps et le visage se dressent vers le haut. Le manque de détails rend la distance implicite, le petit visage là-haut, tel un cerfvolant japonais, lui donne un air de rêveur solitaire – malgré son entourage plein de vie –, lourd et très présent. Le présent est son habitat naturel, la couleur du matin l’enveloppe comme l’aube. Une intuition de vie guide son comportement, ou plutôt sa pensée, conscient que le drame de l’existence dans lequel il joue un rôle important, humain parmi ses égaux, peut l’écraser à tout moment. Lutte-t-il pour se sauver ? Pas forcément, il existe et le monde est en guerre. »

Henk Visch

 

expositions en cours et à venir :

ARTZUID 2019
Internationle Sculptuur Biennale Amsterdam, Pays-Bas`
17 mai – 15 septembre 2019

Henk Visch
Landgoed Anningahof, Zwolle, Pays-Bas
22 mai – 27 octobre 2019

Biënnale Kunstenfestival Aardenburg
Aardenburg, Pays-Bas
29 juin – 18 août 2019

 

 

 

Henk Visch
NO (1/4), 2018
crayon noir sur papier
(x4) 42,5 x 29,5 cm
courtesy galerie Tim Van Laere

 

 

 

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WILLEM

Bernhard Willem Holtrop, dit Willem, est né le 2 avril 1941 à Ermelo aux Pays-Bas, il vit et travaille en France.

Il fréquente l’École des Beaux-Arts de Arnhem puis celle de Bois-le-Duc de 1962 à 1967. Il fait partie du mouvement provo, et fonde en 1966 un journal satirique God, Nederland & Oranje, qui fait l’objet d’une saisie après la publication d’un dessin de la reine Juliana en prostituée. La plupart des 9 numéros parus où participent entre autres Roland Topor et le futur cinéaste Picha subissent le même sort. Il arrive en France en 1968. Il commence à dessiner à l’Enragé en mai 1968. Il participe aux premiers numéros de l’Hebdo  Hara-Kiri, qui devient Charlie Hebdo. Il fait sa rubrique Revue de Presse et Chez les esthètes. Les textes de ses bandes, rédigés directement en français, langue que le dessinateur maîtrise alors imparfaitement, contiennent à l’époque de très nombreuses fautes de grammaire et de syntaxe, que la rédaction trouve amusant de laisser telles quelles et qui deviendront l’une de ses marques de fabrique. Lui-même tient, par une forme de coquetterie, à ne pas faire corriger ses textes.
Son style se distingue par l’usage d’une imagerie parfois violente, alliée à une satire politique et sociale cinglante. Il participe à Charlie Mensuel et finit par en être le rédacteur en chef.
Il collabore à Libération à partir de 1981, et rejoint l’équipe de Charlie Hebdo nouvelle formule. À partir de 2011, il contribue également à Siné Mensuel.